Élans solidaires

Vous avez été nombreux à participer à des actions bénévoles et solidaires pendant cette période de  crise sanitaire et de confinement. A travers les témoignages de Michelle Naureils, Marc Beaujan et Alain Cadis, la CMCAS de Bayonne rend hommage à toutes celles et ceux qui ont participé à ces élans solidaires.

Marc Baujean fabrique des visières de protection avec l’imprimante 3D de l’agence Énédis de Mont-de-Marsan (Landes).

« Je suis agent d’intervention spécialisé. Je suis actuellement chez moi, en télétravail. Comme d’autres collègues agents, j’ai gardé le véhicule et le matériel bureautique. Je fais un maximum de choses à distance. Et j’ai une dérogation professionnelle pour tout dépannage et intervention à l’extérieur.

L’idée de fabriquer des visières de protection avec l’imprimante 3D m’est venue après avoir vu un reportage à la télévision. Mon service est équipé d’une imprimante de ce type. On l’utilise pour reproduire des petites pièces cassées ou en créer qui n’existent pas. J’ai su qu’un collectif national avait vu le jour, puis un réseau local s’est monté dans notre région. Un collègue, qui est à Pau (Pyrénées atlantiques), chapeaute le réseau des trois sites de Mont-de-Marsan, Pau et Bayonne, qui disposent chacun d’une imprimante 3D. On a pris contact avec une association pour la distribution de toutes les visières fabriquées dans la région. Elle récupère le consommable pour l’imprimante et des feuilles transparentes de vidéo projecteur auprès d’entreprises locales, puis nous les livrent. On les utilise alors pour la fabrication des visières. Enedis nous fournit aussi la matière première, on avait du stock. La direction de mon unité m’a fait savoir qu’il n’y avait aucun problème, au contraire, et a même passé une nouvelle commande de matériau pour que l’entreprise participe et aide aussi dans la fabrication.

Une fois réalisées, les visières sont distribuées par l’association dans les cliniques, Ehpad, auprès des pompiers et des gendarmeries. Nous sommes deux de l’entreprise à fabriquer ces visières. Nous avons attaqué fin mars, après deux semaines de confinement. Le réseau a déjà fourni 2500 visières. Et elles sont résistantes puisqu’il n’y en a eu que trois cassées sur les 2500. A Mont-de-Marsan, on doit en être à 80 unités. Notre production dépend évidemment des interventions éventuelles à faire. Plusieurs modèles ont été dessinés, repris, testés, modifiés, … Au début, on mettait 1h10 pour la première série. Désormais, il nous faut 40 minutes maximum par visière. On a gagné du temps. Evidemment, ça reste de l’impression 3D. Ce n’est pas fait pour être produit en série. Ça reste « artisanal ». Mais actuellement, tout est bon à prendre.

Si je suis versé dans la solidarité et le social ? Je fais des actions quand je peux rendre service. Je suis au bureau SLV de Mont-de-Marsan. Ça me parle évidemment.

Je gère assez bien le côté professionnel, les actions de solidarité et ma vie personnelle. J’essaye de continuer à avoir une vie familiale « normale ». Je ne ramène pas mon travail à la maison puisque je suis déjà à la maison. Je m’occupe des enfants en même temps. Ma compagne est aussi au travail. On respecte bien les horaires et on a un rythme à peu près normal. »

Marc Baujean, agent d’intervention spécialisé à Énedis Mont-de-Marsan (Landes).

Michelle Naureils est élue à la SLVie de Morcenx (Landes) et s’occupent de contacter les personnes de plus de 75 ans pour prendre de leurs nouvelles, les réconforter, ou alerter d’une détresse si besoin. Elle est aussi bénévole pour une association qui fabrique et distribue gratuitement des masques en tissus.

Michelle Naureils est détachée à 100% pour s’occuper de la solidarité et notamment des personnes âgées. Elle a son bureau à Morcenx La Nouvelle, commune de 5000 habitants au coeur des Landes, où elle reçoit les ouvrants droits et leur famille. Son quotidien va de la réservation de séjours sur internet, « car la plupart n’ont pas d’ordinateur », de l’accompagnement dans le montage de dossiers lors de décès, de conseil sur les aides financières au sein de la CMCAS (aide ménagères, solidarité,…).
« Je leur téléphone aussi pour prendre des nouvelles et savoir si tout va bien pour chacun », complète-t-elle. La SLVie de Morcenx se compose d’une trentaine d’actifs et d’environ 500 inactifs, dont une grande partie a véritablement besoin que l’on s’occupe d’eux. »

En cette période particulière, Michelle ne peut se déplacer au bureau, et fait donc des appels sortants. « Je me suis surtout occupée d’appeler, avec l’aide des collègues de la CMCAS, les plus de 75 ans pour savoir comment ils allaient, ce dont ils avaient besoin le cas échéant. Je remonte toutes ces informations à la CMCAS de Bayonne où mes collègues prennent le relais et les centralisent. »
En fonction des cas, ceux-ci contactent les services municipaux adaptés pour venir en aide aux gens qui sont en difficulté.

« Je connais presque toutes mes 500 personnes âgées ! »

« J’ai la chance de connaitre presque tout les ouvrants droits de la SLVie et cela me facilite la tâche car, eux-aussi, me connaissent, explique Michelle. Des fois, il s’agit juste de leur parler un peu. Souvent, ils me disent être un peu dépressifs car ils ne voient plus personne. Je fais en sorte de leur remonter le moral en 4-5 minutes au téléphone et puis hop ! Ça passe et ils vont mieux. »

L’élue s’émeut par ailleurs de la belle solidarité entre anciens collègues : « Il suffit que je dise qu’un tel n’est pas bien puis l’un d’eux l’appelle dans la foulée. Je trouve magnifique que cette chaîne n’ait pas été rompue avec ce qu’il nous arrive en ce moment… »

Michelle ne fait pas du phoning toute la journée. D’autant que les personnes âgées se reposent l’après-midi. A Sabres, petit village distant d’environ 20 km et où elle habite, elle s’est rapprochée d’une association de réinsertion en couture. « Avec les ruptures de stocks de masques, la présidente de « Art Haute Lande » a souhaité développer la fabrication de masques en tissu, ayant la matière première, pour les distribuer. Elle a contacté une autre association de Sabres « Association Culture et Loisirs », qui s’est elle occupée de trouver un noyau de bénévoles. »

L’après-midi, c’est donc couture !

Parmi les couturières, il y a les « pros » et les novices comme Michelle. « Et donc, on fabrique, chacun et chacune, à domicile, des masques en tissu, lance-t-elle. On les met ensuite en dépôt à la pharmacie du village où on peut se servir gratuitement, avec une corbeille pour que les gens mettent une pièce pour aider l’association de réinsertion. La pharmacie est dévalisée ! » Ces masques ne sont certes pas homologués mais satisfont apparemment grandement. Ces derniers jours, des entreprises alentours ont d’ailleurs passé commandes à l’association pour qu’elle leurs fournissent plusieurs centaines de masques.

Après ses appels matinaux et la confection de masques dans l’après-midi, Michelle assure que tout va bien à la maison. « Les enfants sont grands et nous avons des nouvelles par téléphone. On a beaucoup d’occupations, on ne s’ennuie pas. »

Michelle Naureils, élue à la SLVie de Morcenx (Landes)

Alain Cadis est retraité Énédis depuis 2014. Membre du conseil d’administration de la commune de Sainte Foy et élu à la SLV de Mont de Marsan (Landes), il donne de son temps pour la distribution de fruits et légumes. 

« J’ai contacté un maraîcher local, j’ai mis en place la distribution de courrier à destination de la population de Sainte Foy, dont je suis par ailleurs conseiller municipal. On a mis en place la distribution de paniers de fruits et légumes préparés par le maraicher. On tient une permanence tous les jeudis soirs. Les gens viennent directement ou bien on assure la livraison chez les personnes âgées. Je le fais moi aussi et je me déplace avec mon attestation d’autorisation de sortie pour venir en aide aux personnes les plus vulnérables.

On a activé une belle chaîne de solidarité. C’est normal en ces temps-là, quand bien même je m’occupe de solidarité tout au long de l’année.

Pour l’instant, c’est une fois par semaine. Si ça prend bien, on verra pour y ajouter un producteur de viande et d’autres. Les personnes les plus démunies sont en demande. On se doit de le faire pour tous, et plus particulièrement pour celles-ci.

Et comme beaucoup d’autres le font, j’appelle deux fois par semaine les personnes les plus isolées et les plus âgées pour prendre des nouvelles et remonter les besoins si nécessaires.

J’ai la chance d’habiter à la campagne et d’avoir un jardin. Comme chez tous ceux qui en ont un, mon jardin est nickel (rires) ! Je peux facilement m’éloigner à 1 km autour de la maison, et faire mon heure de sport tous les matins. Et après, je fais un peu de cuisine. Mon épouse est à la maison en télétravail et ma fille, qui en école d’orthophonie à Bordeaux, nous a rejoints. On est tous les trois. On confine plutôt bien pour l’instant. »

Alain Cadis, retraité Énédis, Sainte Foy (Landes)

Interviews réalisées par Stéphane CISCO

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